Intervenants : Arnal do Serna Directeur de la Scuela Del Desarollo

Jamila Sayouri présidente de l’association « Adala » et membre du CNDH

 

Première intervention : Arnal do Serna Directeur de la Scuela Del Desarollo

Dans son intervention, , et dans le cadre du projet de l’Ecole pour le développement, où la question de la femme occupe une place particuliére, Mr.Arnaldo SERNA a essayé de cerner la thématique de la femme au Pérou en évoquant le concept de masculinité de la société, considérant l’homme comme le détenteur principal du pouvoir et de  la force, par conséquent, il ne peut exercer des tâches qui restent réservées  à la femme telle que la cuisine, l’éducation des enfants…etc. comme il ne peut exprimer ses émotions étant convaincu que cela est une particularité féminine.

 

Pour Mr Arnaldo, dépasser ce modèle machiste implique la prise de conscience de la situation de la femme qui est due à :

  • La construction sociale et les croyances consacrant l’idée de la différence entre l’homme symbole de la force et du pouvoir et la femme faible et dépendante.
  • La pression sociale, et le système multiculturel.
  • La socialisation familiale  qui consacre la discrimination à l’encontre de la femme (à laquelle participe la femme par excellence), et qui reste objet de reproduction d’une génération à l’autre.

Cette discrimination touche différents volets de la vie de la femme (ex : salaire) et fait naître une relation de domination en faveur de l’homme.

Au Pérou, la société civile fournit de grands efforts pour défendre les droits de la femme cependant, mais sans effets palpables.

En concluant,  Mr. Arnaldo  affirme que pour réguler la question de la discrimination à l’encontre  de la femme et sa relation avec l’homme, il faut cibler la dimension intersubjective. Il a évoqué, également, les plans que le Pérou réalise afin de promouvoir sa situation et favoriser l’égal accès de la femme aux droits par rapport l’homme.

2ème intervention : Mme Jamila SAYOURI présidente de l’association « Adala » et membre du CNDH

 

Mme SAYOURI a commencé son intervention par la présentation d’un aperçu historique de la lutte des femmes, pour l’accès aux droits, au Maroc, depuis les années 80 avec l’action féminine progressiste au sein des partis politiques de la gauche. Pour l’intervenante, évoquer les droits de la femme implique nécessairement l’examen des points suivants :

  • Harmonisation des lois aux conventions internationales
  • Droits économiques et sociales
  • Politiques publiques.

Après avoir cité les différentes réformes juridiques en la matière, en présentant des constats et des chiffres issues des rapports du HCP et du CNDH, l’intervenante a affirmé l’existence de plusieurs acquis et avancées en la matière  avant et  après la constitution(2011). Cependant, malgré ces réformes, persiste une  discrimination claire à l’égard des femmes et se manifeste en termes de :

  • Mariage des mineurs (99.4% des filles mineures déposant des demandes en 2015) et polygamie
  • Système successoral légalisant la discrimination.
  • Difficultés en matière d’accès à la justice (coût des frais judiciaires / langue)

Ce qui est transversal, d’après l’intervenante, c’est la violence basée sur des stéréotypes se rapportant à la femme (selon le HCP, 62.8% cas de violence en 2009).

En matière des politiques publiques (selon le HCP, associations féminines, CMDH…), elles sont limitées, et n’arrivent  pas à refléter une vision  claire pour instaurer le principe de l’égalité homme/femme.

En guise de conclusion, évoquant la question de la violence à l’égard des femmes, Mme SAYOURI a affirmé   que le Maroc a connu des avancées juridiques considérables, fruit d’un militantisme continu de la part de la société civile dans ce sens, mais avec un processus boiteux dû à l’insuffisance des ressources humaines qualifiées et une résistance continue aussi bien sociétale que gouvernementale.